Enfants des rues

Enfant, je m’étais dit et souvent répété :
« Jamais, jamais d’amour ; c’est assez de la gloire ;
En des siècles sans nombre étendons ma mémoire,
Et semons ici-bas pour l’immortalité. »

Plus tard je me disais : « Amour et volupté,
Allez, et gloire aussi ! que m’importe l’histoire ?
Fantôme au laurier d’or, vierges au cou d’ivoire,
Je vous fuis pour l’étude et pour l’obscurité. »

Ainsi, jeune orgueilleux, ainsi longtemps disais-je ;
Mais comme après l’hiver, en nos plaines, la neige
Sous le soleil de mars fond au premier beau jour,

Je te vis, mon mec ,  dans ce cœur farouche,
Aux rayons de tes yeux, au souffle de ta bouche,
Aux soupirs de ta voix, tout fondit en amour.

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